lundi 2 février 2015

Où il faut bien commencer quelque part

J'ai suivi le premier des conseils que tout généalogiste se doit d'appliquer : ne pas s'é-par-pil-ler. Quand on a la chance comme moi, d'avoir un père et une mère et quatre grands-parents "identifiés", il faut bien commencer quelque part. Le mieux est de choisir une branche et de s'y tenir. Parce que c'est mon nom (que je porte toujours, accolé à mon nom d'épouse), j'ai choisi de m’intéresser aux "EPPHERRE".

Étymologiquement, le nom Eppherre que je trouverai sous différentes orthographes, signifie la perdrix, Eperra. Je suppose que l'un de mes ancêtres chassait ce volatile ou bien qu'une anecdote où ledit volatile jouait un rôle a donné ce patronyme que nous serions aujourd’hui une centaine à porter en France.*

Comme au Pays Basque, le nom de famille est intimement lié au lieu, à la maison (etchea), une autre hypothèse est qu'il pouvait s'agir d'un endroit où abondaient les perdrix. A ce jour, je n'ai pas encore retrouvé le berceau de la famille car mes recherches ont montré qu'à défaut d'être des perdrix, les Eppherre ont tout du "coucou", cet oiseau qui fait son nid chez les autres !

Le premier que je connaisse, Dominique Eppherre (1851-1928), mon arrière-grand-père, est arrivé à Aussurucq, canton de Mauléon, dans la Soule, pour y épouser en 1881, Élisabeth Irigoyen, la fille de l'instituteur du village.

Quand j'étais jeune, je me souviens être allée dans la maison Etxeberria où habitaient les parents de ma cousine Jeanne Eppherre. Dans la grande salle à manger, la cheminée toujours briquée impeccablement par sa mère Marie, portait l'inscription Dominique Yrigoyen (avec un Y !). j'ai toujours su que mon arrière grand-père était "la pièce rapportée" et qu'Aussurucq était avant tout le fief des Irigoyen. Du moins c'est ce que je croyais ...

Je me suis donc attelée à retrouver la trace de Dominique Eppherre et je l'ai retrouvée grâce à son acte de mariage. Il venait du hameau de Sunharette de la commune voisine d'Alçay-Alçabehety-Sunharette...

En voici la transcription :

Acte de mariage Dominique Eppherre & Elisabeth Irigoyen
L'an mil huit cent quatre-ving-un, le quinze novembre, à [...] heures du matin, par devant nous Maire, officier de l'état civil de la commune d''Aussurucq, canton de Mauléon (Basses Pyrénées) sont comparus en notre maison commune Epherre (sic) Dominique dit Harismendy, cultivateur, domicilié à Alçay-Alçabehety-Sunharette, section Sunharette, où il est né le neuf octobre mil huit cent cinquante et un an, fils légitime majeur de Epherre Raymond âgé de soixante quatorze ans et de Anne Inchauspé dite Harismendy, âgée de soixante neuf ans, conjoints, cultivateurs, domiciliés audit Sunharette, ici présents et consentants, et Irigoyen Elisabeth domiciliée à Aussurucq, âgée de vingt trois ans, fille légitime de Irigoyen Dominique, instituteur, âgé de cinquante deux ans et de Dargain Marie-Jeanne, ménagère, âgée de quarante sept ans, conjoints, domiciliés à Aussurucq, ici présents et consentants, lesquels nous ont requis de procéder à la célébration du mariage projeté entre eux et dont les publications ont été affichées devant les principales portes des maisons communes d'Aussurucq et d'Alçay les trente octobre et six novembre derniers ainsi qu'il résulte du certificat délivré par le maire d'Alçay le dix de ce mois. Nous avons demandé conformément à la loi du 18 juillet 1850 aux futurs époux et aux personnes qui autorisent le mariage s'il a été fait de contrat de mariage destiné à en régler les conventions civiles. Les parties nous ont déclaré qu'il a été passé un contrat de mariage le cinq septembre dernier devant Maître Detchandy, notaire à Tardets et ils nous ont en conséquence remis le certificat délivré par ledit notaire, lequel certificat sera joint aux pièces annexées. Aucune opposition au mariage ne nous ayant été signifiée, faisant droit à la réquisition qui nous est faite après avoir donné lecture de toutes les pièces ci-dessus mentionnées et du chapitre VI du Code civil, intitulé du mariage, avons demandé au futur époux et à la future épouse s'ils veulent se prendre pour mari et pour femme ; chacun d'eux ayant affirmé séparément et affirmativement, déclarons au nom de la loi que Epherre Dominique et Irigoyen Elisabeth sont unis par le mariage. De tout quoi dit et fait publiquement avons dressé acte en présence de Eppherre (sic) Jean-Pierre, âgé de vingt cinq ans, frère du futur, de Biscaiçaqu Pierre, âgé de trente cinq ans, cousin du futur, cultivateurs, domiciliés à Alçay, de Irigoyen Pierre, âgé de ving six ans, de Irigoyen Joseph, âgé de vingt quatre ans, frères de la future, domiciliés à Aussurucq, lesquels à l'exception de la mère du futur, ont signé avec nous le présent acte après lecture faite. 


On notera déjà les variations d'orthographe du nom Eppherre, écrit tantôt avec un "p", tantôt avec deux dans le même acte officiel...
 
* Sources : Genealogie.com
 

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