mercredi 2 décembre 2015

Émigration basque : et si l'on parlait des femmes ?

Ayacucho - Provincia de Buenos Aires 
Récemment, j'ai lu un article très intéressant consacré à une jeune femme chargée de mission à l'Office public de la langue basque, sous le titre : "Nous avons évincé par inadvertance les femmes de l'histoire de l'émigration basque". Elle y citait le cas de cette femme émigrée à laquelle on ne demandait jamais son témoignage alors qu'elle avait quitté son pays natal au même titre que son mari.

Par hasard, je venais de lire sur le blog de l’association souletine Ikerzaleak le récit de la découverte incroyable d'archives d'un autre agent d'émigration que Guillaume Apheça déjà mentionné ici. La liste des émigrants de ce "fonds Vigné", étant classée par noms mais aussi par communes, j'allais tout de suite voir ce que me réservait Aussurucq. 

23 noms, 19 hommes, 4 femmes, partis entre 1887 et 1913 sur différents navires mais tous à destination de Buenos Aires. Pour donner une idée de ce que cet exode représentait, la population du village était de 570 habitants en 1886 (472 en 1921)*. La première à partir par l'entremise de Jean Vigné est Marie Serbielle de la maison Etchatz. Elle a dix-sept ans et est la benjamine de la famille.

Je l'ai déjà mentionnée dans un précédent billet, sa mère est Marguerite Lohitçun, l'une des sœurs de mon arrière-arrière-arrière-grand-mère. Elle est née le 25 juillet 1870 et a donc bien 17 ans lorsqu'elle embarque le 16 novembre 1887 sur le "Ville de Saint-Nicolas". Elle part seule apparemment, en tout cas par cette filière. Le prochain candidat au départ ne quittera Aussurucq que le 5 septembre de l’année suivante.

Ma première réaction est de rechercher Marie dans le census de Buenos Aires de 1895. Je ne la trouve pas mais en revanche, je découvre une autre Marie Serbielle (nom qui selon les actes varie de Serbielle à Servielle, en passant par Serviel, Serbiel et même Cerbiel !). A l'âge de 23 ans, elle épouse à l'église "Nuestra Senora de los Dolores" le 25 janvier 1881 un dénommé Jean Lagarde âgé de 25 ans.

Le nom des parents étant mentionné sur l'acte de mariage, elle est bien la fille de Pierre (Pedro) Serbielle et de Marguerite (Margarita) Lohitçun. Il s'agit, je pense, de Marie née le 12 décembre 1857 à Aussurucq. Un an plus tard, on retrouve la famille Lagarde à Ayacucho, en pleine pampa, au cœur des Sierras des Tandil à quelque 320 kilomètres au sud de Buenos Aires, La ville compte tout de même plus de 11000 habitants en 1881* (contre 3000 en 1869 !). 

Le 2 février 1882 est baptisé Juan en l'église "Purificacion de la Virgen Maria". Le 10 octobre 1883, c'est le tour de sa sœur Margarita. A ce stade de mes recherches, je n'ai rien d'autre à ajouter au sujet de cette famille. Le livre reste ouvert comme souvent en généalogie. Et la petite Marie dans tout ça ? Est-elle arrivée à son tour à Ayacucho pour y retrouver une sœur, un beau-frère et des neveux, et commencer une nouvelle vie ? 
¿Quién sabe?

* Sources : Wikipedia

2 commentaires:

noelle eppherre a dit…

2zut le frere de ma grand mere helene garicoix est aussi parti en amerique avant la grand guere et c'est marie avec une marianne de barcus qui venait peut etre 2 fois tous les deux ans nous voir. Elle passait une bonne semaine e de jours chez nous. C est elle qui nous a paye notre premiere television. Je devais avoir 10 ans
et voilaun jour elle est venu avec sa petite fille zusanne. Nous avons parle espagnol et ma mere esr reste longtemps en correspondance avec cette tante qui etait en fait celle de son mari😊

La petite poule noire a dit…

Milesker Noëlle pour ce témoignage. Ça me rappelle que je n'ai toujours pas écrit le billet sur notre parenté. Je pense que ce sera le sujet de mon prochain post ;)

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