mardi 19 janvier 2016

Deux frères partis faire fortune au Chili (III)

Miguel-Alberto et son père à la gare de Folilco
Mon précédent billet se terminait sur l'hypothèse que nous avions bien des cousins chiliens, je ne me trompais pas. Bonne nouvelle, donc. Non seulement c'est la première fois que ma généalogie me permet de découvrir des contemporains mais depuis, je suis en contact avec deux descendants de Michel Irigoyen-Dargain, Maria Isabel, sa petite fille, et Miguel-Hernan, le petit-fils de Laura.

Dans la foulée, j'ai créé un groupe sur un réseau social bien connu pour tenter de fédérer les membres de cette grande famille basco-chilienne par delà les océans. C'est Maria Isabel qui m'a envoyé cette photo où l'on aperçoit son père, Miguel-Alberto, le jeune homme en pantalon blanc, avec son propre père, Michel, vers la fin des années 1920.

Grâce à elle, ma généalogie a fait un grand bond en avant puisque j'ai pu établir la descendance de Miguel-Alberto Irigoyen Segovia marié à Maria Clara Duran Parra (une fille unique donc) et celle de sa sœur aînée Laura Rosa mariée à Carlos Otero Garay. Ensemble, ils ont eu six enfants, trois garçons et trois filles. Tous sauf une ont eu à leur tour des enfants, ce qui fait du coup beaucoup de monde !

J'ai aussi été frappée par les similitudes entre la vie de ces deux cousins germains qui ne se sont jamais connus et ignoraient peut-être même l'existence l'un de l'autre, le papa de Maria Isabel, Miguel-Alberto Irigoyen-Segovia et mon grand-père, Pierre Eppherre.

Le premier naît le 3 juillet 1901 à Canete (province d'Arauco, région du Biobío, Chili) quand le second voit le jour le 30 septembre 1901 à Aussurucq (Basses Pyrénées, France). Pierre est le petit dernier d'une famille de onze enfants dont trois mourront en bas âge, un aura à son tour onze enfants, un perdra la vie pendant la guerre de 14-18 (lire ici), et un partira en Argentine mais n'aura pas de descendance, Sa mère, née Elisabeth Irigoyen (1858-1942) a 43 ans à sa naissance.

Miguel-Alberto, lui, est le deuxième d'une famille de trois entre une sœur aînée, Laura Rosa, née le 11 mars 1899 et une sœur cadette, Marta Lucila, morte en 1924 dans sa vingtième année. Il est le fils de Michel Irigoyen, frère cadet d'Elisabeth, emigré au Chili vers la fin des années 1890 et de Clorinda Segovia dont on ne sait pas grand chose.

Il meurt le 27 avril 1969 quelques mois avant mon grand-père Pierre Eppherre, décédé à Mauléon (Pyrénées Atlantiques) le 19 août 1970. Et maintenant, fantasme de ma part ou mystère de la génétique, je trouve que ces deux cousins, nés à des milliers de kilomètres l'un de l’autre ont un petit air de famille. Pas vous ?  

A gauche Pierre, à droite Miguel-Alberto

mercredi 6 janvier 2016

Deux frères partis faire fortune au Chili (II)

Maison Montory à Canete dans les années 1900
Poursuivant ma quête, j'ai découvert un site très intéressant sur l'émigration basque au Chili dont est extraite la photo ci-dessus. Il s'agit d'un entrepôt de marchandises bien achalandé nous dit le texte, appartenant à Miguel Montory Ithurbide. Né le 19 janvier 1870 à Urrugne (Basses-Pyrénées), arrivé en 1890 à Canete et commerçant, il a forcément connu les frères Irigoyen.

De Grégoire Irigoyen-Dargain, ce site nous apprend qu'il est arrivé d'abord en 1890 à Rio Bueno. En 1904, il est propriétaire lui aussi d'un entrepôt de marchandises et d'une scierie. Il est considéré comme l'un des principaux propriétaires de Canete avec un capital de 25000 $. En 1925/26, il est agriculteur. Marié avec la Senora Perez de Arce Carson, il n'a pas de descendance.

De Michel Irigoyen-Dargain, ce nouveau document ne nous éclaire pas beaucoup sur ses activités. Lui aussi est commerçant et en 1925/26, il est même décrit comme rentier. Il serait arrivé au Chili en 1896, soit a priori après son frère. Est-ce lui qui a encouragé le dernier de la fratrie à venir le rejoindre ? C'est probable. Michel passe d'abord par Valdivia d'où est originaire la famille Perez de Arce Carson.

Si l'on ne sait pas grand chose de sa vie professionnelle, en revanche, sa vie privée est plus tumultueuse que celle de son frère. Avant d'épouser Ester Perez de Arce Carson, le 29 janvier 1905 à Canete, il va en effet avoir trois enfants hors mariage avec une certaine Clorinda Segovia, toujours à Canete.

A leur naissance, Laura Rosa (née le 11 mars 1899), Miguel Alberto (né le 3 juillet 1901) et Marta Lucila née en 1904 sont déclarés sous le nom de Segovia, le père "ne s'étant pas présenté". Il les reconnaîtra pourtant car au moment de son mariage avec Carlos Otero Garay en 1918, la fille aînée apparaît sous le nom de Laura Irigoyen Segovia.

Son frère Miguel épousera une certaine Maria Clara Duran Parra tandis que Marta décédera dans sa vingtième année. J'ai trouvé sur le site MyHeritage* six enfants Otero Irigoyen nés dans les années 1920, et leurs descendants. De ce côté-là, il semble bien que nous ayons des cousins chiliens...

* Le site est en accès payant et par principe, je suis contre. En revanche, je vais essayer de prendre contact avec l'administratrice de cet arbre qui est peut-être la petite fille de Miguel. 

mardi 5 janvier 2016

Deux frères partis faire fortune au Chili (I)

Caneste, province d'Arauco au 19e siècle 
A Noël, mon père me reparle d'un oncle de son père parti au Chili et revenu en visite au pays dans les années 1920. Il avait marqué les esprits dans son village natal d'Aussurucq. Coiffé d'un haut-de-forme, il allait ensuite prendre les eaux à Vichy ! Autant dire un "américain" qui avait réussi. Papa se souvenait qu'il se prénommait Grégoire mais je ne l'avais pas retrouvé parmi les Eppherre... 

Une fois de plus, c'est mon frère qui apporta la solution. Et si c'était un oncle côté maternel de notre grand-père ? Bien vu, dans mon arbre figurait un Grégoire Irigoyen (frère d'Elisabeth) né le 9 novembre 1867. La recherche se révélait ardue, les Irigoyen sont nombreux y compris en Amérique du Sud. Mais la chance était avec moi, je trouvai un Gregorio Irigoyen-Dargain sur différentes sources en ligne, Dargain étant le nom de jeune fille de sa mère.

Mais quelle ne fut pas ma surprise de voir qu'il n'était pas parti seul mais avec son jeune frère Michel ! Né le 19 janvier 1869 à Aussurucq, on retrouve Michel devenu Miguel Irigoyen-Dargain à Canete  (province d'Arauco, région du Bio Bio) vers la fin des années 1890. C'est là que les deux frères vont épouser deux sœurs, riches héritières, veuves, et aussi plus vieilles qu'eux de plusieurs années...

Le 27 décembre 1896, Gregorio, commerçant, épouse en effet Juena Elisa Perez de Arce Carçon, une veuve âgée de 44 ans (sur son acte de mariage que j'ai retrouvé, elle s'est rajeunie mais on ne triche pas avec la généalogie...). Elle est veuve de Martin Ibarrart-Aranchipy (encore un membre de la diaspora basque né à Jaxu) et a eu de lui deux filles (dont une morte bébé) et un fils, Miguel, né en 1889 et surnommé "Tato Ibarrart". 

Grégoire est décrit dans un livre en forme de "Who'sWho" comme un important commerçant doublé d'un propriétaire terrien prospère. C'est un notable de la ville où il tient le grand magasin "La Tienda" dans la Calle Septimo de Linea entre Covadonga y Serrano. Plus tard, il rachète l'Hôtel Dubreuil qu'il revend en 1910 à Don Juan Pedro Elissetche Etcheto, et en 1916, il revend ses commerces à Don Juan Lasserre Larramendy. Est-ce le moment qu'il choisit pour revenir en vacances en France ?

Il n'eut pas de descendance directe, juste une belle-fille Maria Emelina Ibarrart Perez de Arce (née en 1888, elle aura des enfants avec son deuxième mari Juan Ponzini Marquez de la Plata) et un beau-fils donc, Miguel Ibarrart Perez de Arce, qui restera célibataire (son deuxième surnom était Puma Soltero*).

D'après l'arbre généalogique très fourni des Pérez de Arce, sa femme, Juana Elisa Perez de Arce Garçon, étant enterrée au Cimetière Général de Santiago du Chili depuis 1934, je pense que c'est là qu'il est également bien que je n'aie pas retrouvé son acte de décès. Je suppose qu'il a quitté Canete à la fin de sa vie pour vivre dans la capitale chilienne (j'ai épluché les archives de la commune jusqu'en 1932 sans succès).

[A suivre...]  
* soltero : célibataire en espagnol